Source : Purepeople
Depuis les révélations du Parisien vendredi 3 février, Mallaury Nataf revient sur le devant de la scène.
Mais pas pour les mêmes raisons qui avaient fait d'elle une icône dans les années 90 lorsqu'elle incarnait Lola dans le Miel et les Abeilles. Non, Mallaury Nataf est aujourd'hui SDF et a perdu la garde des ses trois enfants. Une longue descente aux enfers racontée au Parisien, et qui a surpris autant qu'elle a choqué.
Son histoire, c'est malheureusement l'histoire de dizaines de
milliers de personnes qui vivent dans la rue et qui trouve un écho
tragique ces jours-ci alors qu'un froid sibérien s'abat sur l'Europe.
Samedi 4 février, Mallaury Nataf était donc sur le plateau de Revu et Corrigé de Paul Amar sur France 5 où elle a pu raconter son calvaire et pointer du doigt les insuffisances du Samu Social.
Neuf semaines à la rue et neuf mois environ sans domicile fixe auront
fait de Mallaury Nataf une femme en colère, dont le flot de paroles ne
semble pouvoir se tarir. Parfois confuse, toujours vindicative, elle
s'en prend au fonctionnement du 115, où il faut parfois attendre jusqu'à
3 heures avant d'avoir un interlocuteur, le manque de places en général
et pour les femmes en particulier, l'insalubrité des centres ou le
manque de moyens... Elle s'en prend également à Nicolas Sarkozy, le président ayant selon elle fait baisser de 65% les moyens du 115, malgré les promesses.
Véritable
porte-parole des mal-logés, Mallaury Nataf attaque même Paul Amar dans
un échange plutôt virulent, alors que ce dernier tente de lui poser une
question. "Excusez-moi M. Mamar (sic), mais c'est vraiment très
grave ce qu'il se passe en France. (...) Vous avez votre propre
directeur de production, l'un de vos plus proches collaborateurs qui n'a
pas de logement depuis huit mois. Il n'a plus de logement mercredi," s'emporte-t-elle devant un Paul Amar qui tente de réagir tout en gardant son calme : "Non, mais attendez, ça n'a rien à voir. Il a un emploi, Dieu Merci".
Mais alors que Mallaury Nataf poursuit sur un sujet que ne semble pas
apprécier le journaliste, en l'interrompant à plusieurs reprises,
celui-ci essaie de mettre un terme à cet échange de manière plutôt
ferme. "Je suis d'une extrême politesse avec vous, et s'il ne trouve
pas de logement, c'est parce qu'il y a une pénurie de logements. Ne
confondons pas les problèmes," conclut-il, sans pour autant faire taire l'ancienne comédienne...
Le fil de la conversation reprend, et Paul Amar cherche à déterminer
le moment où la chute a eu lieu. Mallaury Nataf explique qu'elle
s'occupait de ses enfants depuis huit ans, "un choix que j'ai fait",
et que suite à un problème de santé de son compagnon, elle s'est
retrouvée à la rue. Perte du logement, perte du revenu minimum puis
perte de ses enfants, qu'elle ne sait pas quand elle reverra. "Je ne suis pas juge, je ne suis pas madame Soleil. Je vais voir ce que la vie m'offre" explique-t-elle un brin fataliste.
Aujourd'hui soutenue par une association, Pause Café, elle
dispose d'un appartement et d'un fort soutien. Son histoire a créé un
véritable élan de solidarité autour de sa personne comme le rapporte le Parisien,
malgré les contradictions relevées par les lecteurs, ses ongles
parfaitement manucurés et sa personnalité versatile. Elle reconnaît
cependant "être un personnage difficile à porter et pétri de
paradoxes... Comme celui de vouloir être impeccable alors que je n'avais
plus de toit. Sinon, on peut vite perdre pied dans la rue".
Plusieurs dizaines de messages lui ont été envoyés, des avocats lui
ont proposé leurs services, des associations de soutien aux femmes
seules et des familles lui proposent un hébergement afin qu'elle puisse
récupérer ses enfants, des anciens amis ont repris contact avec elle -
dont Jean-Luc Azoulay le patron d'AB productions qui s'est étonné
ne pas avoir été contacté par la comédienne en souffrance - et certains
lui offrent même du travail... Deux éditeurs souhaiteraient également
mettre noir sur blanc son histoire. "Tant de solidarité, c'est
formidable. L'écriture d'un livre me permettrait de trouver un logement,
grâce à l'avance sur les droits d'auteur," confie-t-elle ainsi. Une Mallaury Nataf qui reprend espoir après son passage sur France 5 : "La
médiatisation de mon histoire est incroyable. Cela me regonfle pour me
battre pour retrouver Shiloh, mais aussi Raphaël et Angeline, qui ont
été confiés à leurs pères il y a dix-huit mois. Je comprends que les
gens s'interrogent sur moi, mais je n'ai jamais été déchue de mes droits
maternels. Jamais je ne me serais présentée devant des millions de
français si j'avais été une mère défaillante."
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